francais

Que sont-ils devenus ? #1 Cheyma

Cheyma A. Ben Hassine est une ancienne de Sciences Po qui a lancé sa marque de prêt à porter. Elle a accepté pour nous de répondre à nos questions et ainsi inaugurer la rubrique « Que sont-ils devenus ? ». Retour sur un parcours des plus vertigineux, de Paris aux Etats Unis jusqu’à la Fashion Week d’Alger.

Cheyma

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment en es-tu arrivée à créer Cheyma ?

J’ai eu mon bac ES en 2007, et ai intégré Sciences Po immédiatement après. Mon but ultime c’était Sciences Po. Donc une fois la bas, j’étais très heureuse et je n’avais pas de projet particulier si ce n’est apprécier chaque seconde de ma vie d’étudiante dans cette école.

En deuxième année cependant, j’ai été sélectionnée par le programme GWU a Paris pour étudier pendant un semestre avec les étudiants américains de l’université et leurs professeurs, un programme de business studies d’un semestre. Ce programme m’ayant tant bouleversée, scolairement (je découvrais la pédagogie américaine pour la première fois, ainsi que le marketing!) et personnellement (j’ai immédiatement été séduite par la culture, les mentalités ouvertes, tout!), qu’au second semestre, étant obligée de retrouver mes cours « normaux », j’ai postulé pour devenir l’assistante de la directrice française de ce programme à Paris. Cela m’a permis de rester en contact avec les étudiants et GWU. Nous avons eu l’occasion de participer à de nombreuses initiatives intéressantes, dont rencontrer Barack Obama par exemple, et être au défilé Elie Saab en backstage.

Pour ma 3A il me semblait donc évident que je devais aller aux USA. Et c’est ce que j’ai fait. Je suis allée à Brynw Mawr College, ou j’ai étudié le dessin (je dessine depuis toute petite mais là j’ai acquis des techniques), la peinture, et la religion. J’ai également été à UPenn ou j’ai continué mes études de business en marketing et finances. De retour à Sciences Po, j’ai choisi la filière mode et luxe du Master Marketing et Études, qui me permettait d’allier ma passion pour la mode ainsi que ma vocation marketing.

J’ai donc rejoint l’Ivresse en M1. Ce master m’a ouvert les portes de nombreuses maisons de mode prestigieuses lors de ma césure, Lacoste (ou j’ai fait un stage en E-commerce et qui m’influence toujours beaucoup aujourd’hui pour le côté sportswear très marqué de mes créations). Puis la consécration, Dior, ou j’ai été assistante chef de produit au prêt-à-porter femme.

C’est à ce moment que j’ai compris que la mode n’était pas qu’une simple passion, lors de mon premier défilé chez Dior, j’avais des étoiles plein les yeux, j’étais émerveillée. Je ne dis pas que ça a été facile, c’était beaucoup de travail, mais la mode a ce côté très terre à terre qui fait qu’on voit tout de suite le résultat concret de ses efforts. En M2 j’ai souhaité continuer à travailler, ce que j’ai pu faire par le biais d’un apprentissage, chez Chloé, en tant qu’assistante chef de produit à la maroquinerie.

Et après avoir été diplômée, le rêve s’est mis en suspens. Les diplômes Sciences Po et l’expérience, les Saint Laurent Paris, les Bottega Veneta et autres Hermès sur mon CV ne m’ont pas permis de trouver de premier emploi du tout, c’était la crise. Sur ce point, Sciences Po ne m’a été d’aucune utilité. C’est à l’étranger que mon CV a fait mouche et qu’on m’a proposé un poste de directrice marketing dans une entreprise américaine de cosmétiques et compléments alimentaires, à Alger. C’était une expérience enrichissante. Mais je n’étais pas heureuse. Il y a avait cette petite graine qui avait germé en moi depuis Dior et qui me disait mais pourquoi tu ne fais pas ce que tu veux? J’ai donc tout arrêté et décidé de créer Cheyma.

Chimay

Comment définirais-tu ta marque ? Tu as une vision de la femme que tu aimerais véhiculer ?

Cheyma est une petite marque de prêt-à-porter pour femme qui répond à une question que nous sommes toutes amenées à nous poser, est-ce que je veux avoir l’air classe aujourd’hui ou est-ce que je veux me sentir à l’aise dans mes vêtements. Cheyma offre aux femmes les deux, en alliant confort et sophistication dans toutes nos créations, et ce, grâce à l’originalité. Cheyma, c’est la mode avec un grain de folie. Nos clientes connaissent bien les tendances mais n’ont pas peur de les détourner Voire de les délaisser. Nous nous adressons aux femmes brillantes et audacieuses.

Comment vois-tu ton rôle de créatrice ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

La vision que j’ai de moi en tant que créatrice c’est de communiquer une idée à travers un vêtement. La mode est un domaine tellement libre où l’on peut tout dire, je ne me pose pas de limite, je fais vraiment ce qui me plait, ce que j’aime. La créativité fait partie intégrante de ma vie et tout m’inspire. Pour ma collection qui sort aujourd’hui par exemple, j’ai puisé mon inspiration dans l’evening wear que j’ai ensuite détourné pour en faire des vêtements de tous les jours. J’aime beaucoup utiliser un élément autrement que ce pourquoi il a été initialement fait. Les sequins? On les porte en journée chez Cheyma. Et les joggings? En tenue de soirée. Pour ma prochaine collection, je suis en train de travailler sur quelque chose d’assez différent, toujours sportswear, mais plus … aride

Chimay2

Albert Elbaz chez Lanvin : manifeste

lanvin1    lanvin4

La Maison européenne de la photographie présente une nouvelle exposition sur Alber Elbaz, directeur artistique de la maison Lanvin, dans un savant dialogue entre mode et photographie. Décryptage par l’Ivresse (Sciences Po Paris) en partenariat avec l’Artichaut.

L’exposition Elbaz ouvre une nouvelle saison d’exposition à la Maison européenne de  la photographie, où les tourbillons du défilé tranchent avec les visages blafards de Stéphane Gizard et les paysages parfois ponctués d’un monochrome statique de Pierre Reimer. Un écho toutefois résonne avec les photos du journaliste reporter ayant photographié les États-Unis, Jean Pierre Laffont. Même si le lien est fortuit, on peut tout de même y voir une même énergie, une même chatoyance des couleurs et une même effervescence.

                                              lanvin2

Car c’est cela aussi la mode de Lanvin, et le créateur nous propose de nous emmener dans son monde, loin des clichés habituels des photos retouchées des défilés, si lisses qu’elles ne paraissent plus réelles. Ici, l’accent est mis sur des prises de vues dans les backstages, avec « les filles » Lanvin, comme les appellerait sûrement Elbaz, prêtes à monter sur la scène. Mais plus qu’un mouvement, c’est une matière, un tissu, un détail qui est mis en avant, ou plutôt donné à voir d’une nouvelle façon. Il y a comme un déplacement de l’œil du photographe, qui dévoile subrepticement les dessous d’un processus souvent occultés par l’habitude du rendu final.

En effet, après quelques salles consacrées aux défilés hommes et femmes, où la scénographie  nous emmène en plongée dans l’action (les photos sont à notre hauteur, les mannequins semblent marcher avec nous bien qu’elle s’envolent déjà avec grâce et urgence vers les flashs des caméras), une salle plus calme, plus blanche, plus apaisée se présente. Si elle semble plus apaisée ce n’est que grâce à la couleur blanche des murs, mais loin de l’être, elle est en fait un laboratoire, une effervescence, un cerveau en ébullition, celui du créateur qui s’inspire de tout, des femmes, de la ville. Ce moment impalpable, souvent gardé secret, c’est une intimité, c’est un non aboutissement, des projets, des réflexions, qui se présente à nos yeux émerveillés.

                                                 lanvin3

L’accrochage reproduit celui des cabines d’essayages : « on s’y croirait ». Et comble de la satisfaction pour quiconque apprécie la maison Lanvin : des modèles spécialement reproduits terminent la visite et démontrent toute la créativité de monsieur Elbaz.

Pas question ici d’une simple plongée dans l’histoire de la maison, même pas quelques indices, cela aurait été beaucoup trop simple pour Elbaz. Il fallait plus, il fallait une effervescente introspection dans un volcan en fusion : celui du monde de Lanvin et de son créateur.  

Jusqu’au 31 octobre, ouvert du mercredi au dimanche, de 11h à 19h45, Maison Européenne de la photographie, 5/7 Rue de Fourcy, 75004 Paris, métro : Saint Paul. Entrée de 4.5 € à 8 € 

http://www.mep-fr.org/

Claire Renauld    

Défilé Concours

1922838_10202354868932012_1637868557_n

Le défilé aura lieu le mardi 22 avril à 18h à Sciences po et a pour thème ‘Paris Touch’.

Un jury de professionnel du milieu remettra un prix à la meilleur création. Le public pourra choisir la création qu’il trouve la plus belle et nous remettrons au styliste de la création sélectionnées le prix du public.

Pour participer au défilé concours en tant que créateur, envoie nous un mail  (ifscpo@gmail.com) ou contact nous par facebook (Ivresse etle Flacon) avec:
1. Ton nom
2. Le nom de ton école
3. Ton année d’étude
4. Un portfolio de quelques unes de tes créations

A noter: Le défilé est dédié à la mode femme.

Mail: ifscpo@gmail.com
Facebook: Ivresse etle Flacon

Publication de Sciences Po sur l’évènement de l’année dernière:
http://college.sciences-po.fr/siteparis/node/133
https://www.facebook.com/pages/Fashionweek-Sciences-Po/505766286128346?fref=ts

Défilé Concours 2013:

562300_444366182312117_533804977_n

(de gauche à droite: Sébastien Cambos – directeur adjoint de Glamour, Shino Itoi – Styliste Freelance, Serge Carreira – Retail Merchandising Coordinator Chez Prada, JP Mocho – Président de la Fédération de prêt-à-porter féminin, François Castrillo – directeur de l’insolent magazine)

300162_444366975645371_538855054_n

579327_444356005646468_865674967_n

528373_444355348979867_429201731_n

63076_444363092312426_296003820_n