Take Me I’m Yours

Take me, i’m yours, quand consommer c’est créer

take me im yours

Dimanche matin : on gravit les marches de l’escalier monumental, deux tickets s’il vous plaît, puis une petite porte nous mène dans un univers singulier et pourtant, on s’y sent chez soi.

Take me (I’m yours), l’exposition qui se tient jusqu’au 8 novembre 2015 à la Monnaie de Paris n’est pas une expo comme les autres. Son slogan tout d’abord, intrigue : « L’expo où tout doit disparaître ». Ce mot d’ordre, vous y obéissez sans sourciller. Au début, lorsque les employés de la Monnaie de Paris vous tendent des sacs, vous proposent de toucher à tout, d’emporter ce qui vous plaît, vous vous trouvez perdu. Vous n’avez pas le droit, vous n’êtes pas légitime.

On ne s’approprie pas l’art comme ça, on ne vole ni n’emprunte lorsque l’on visite. Pourtant, ici, on vous offre l’expérience qui vous propulse de l’autre côté du miroir. Vous devenez acteur. Des vêtements, çà et là, vous tendent la main : vous vous empressez de fourrer cette chemise rayée dans votre sac en kraft, et puis cette affiche encore, elle décorera votre 9m2… Ce badge, vous le porterez sur votre sac à dos… Laisser une empreinte, même minime, contribuer à ce qu’on appelle aujourd’hui l’art, et en ramener une partie, comme un souvenir qui restera dans un coin de notre chambre, rassurant.

Et c’est tout simplement ainsi que l’art prend forme ; transmission active d’objets qui, à première vue, nous paraissent banals, mais qui trouvent un sens avec leur nouveau propriétaire. En parcourant les salles une à une, on se sent happé par le sentiment d’un enfant découvrant de nouveaux jouets. De temps à autre, un air de Noël ronronnant dans les pièces nous ramène en arrière.

take me clothing
A gauche, « Pill Clock » de Carsten Höller, à droite, « Dispersion » de Chrisitian Boltanski.
© Marc Domage pour Télérama.

Cette exposition, si elle n’est pas très impressionnante dans les œuvres proposées, et peut provoquer plus d’une critique de l’art contemporain, nous fait réfléchir. Quelle est la frontière entre société et création ? Les deux sont intimement liés. On ne peut s’empêcher de penser aux soupes Campbell de Warhol : consommer, c’est notre art de vivre.

A la monnaie de Paris, vous faites votre marché, mais surtout, vous appréciez que l’on appelle cela de la culture. Ludique, cette expo nous pousse dans nos retranchements, cherchant à nous montrer que tout le monde peut faire de l’ « art ».

Dans un monde où l’on se sent écrasé (sous ces 6 tonnes de journaux par exemple) par tout ce qui nous entoure, un monde où l’on étouffe à force de contempler, Take me I’m yours nous propose de revenir à notre instinct de survie et à révéler notre animalité. Ainsi, l’art ne réside plus dans le raffinement, dans la beauté, mais dans l’expression de notre personnalité duale. Enfant gâté ou consommateur dépassé ? Sujet ou acteur ? A vous de choisir.

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