Bowie Wong Haute Couture 2016

Bowie Wong a présenté sa collection sans un cadre luxueux à l’hôtel Peninsula situé à quelques pas des Champs-Elysées, clin d’oeil à ses origines. Né à Hong-Kong et fils d’une chanteuse d’Opéra dont la carrière influença son parcours, le créateur étudie le design au Japon puis au Canada avant de s’installer définitivement à Sydney, en Australie où il lance sa première collection en 2000. Après avoir exclusivement travaillé sur les costumes de scène, il s’attaque en 2011 à la couture pour la Fashion Week australienne et finit par accéder à la Paris Haute Couture Fashion week en 2014.

Son travail garde toujours la marque de ses expériences passées. Art de la scène, scénographie, costume, ses collections sont des spectacles, ses créations parlent.
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Pour l’automne-hiver 2016, Bowie Wong met en scène dans un esprit japonisant et régressif, des silhouettes aux allures d’héroïnes de manga tout en sortant des sentiers battus. Le défilé commence dans une atmosphère particulière, au ralenti, musique calme. Loin du cliché pop et dynamique que donnent les animés japonais, les mannequins défilent avec une lenteur extrême, visages dénués d’expression. Le créateur revisite les uniformes japonais tout en volume et en largeur, rajoutant des perspectives intéressantes par l’utilisation de matières rigides et modernes. Exit les plis monotones, place aux rayures et aux tissus filets. Seules trois couleurs sont utilisées : le rouge, le noir et le blanc. Alphabets et chiffres se matérialisent sur les colliers ainsi que les serre-tête aux côtés des rubans et des sempiternelles
chaussettes indissociables des traditionnels uniformes d’écolières.
La collection surprend par son côté osé. Les tenues sont difficiles à porter mais le travail et la technique est intéressante. Les avis à la sortie du défilé sont partagés. Certains ont trouvé la collection « trop bizarre », d’autres « absolument géniale, rafraichissant ». Ce que l’on retient, c’est que la collection surprend autant par son côté décalé que par la mise en scène troublante. Les tenues semblent difficiles à porter dans la réalité mais l’esprit reste fidèle à Wong.
Pour retrouver l’intégralité du défilé: https://www.youtube.com/watch?v=klnFv39uf_0

Lisa Kim Durand

LOVE PROFUSION – Laura Laval

‘LOVE PROFUSION’

© Douglas McWall

© Douglas McWall

Laura Laval, gave a performance of tailoring skills of the highest level presenting her latest collection ‘Love profusion’ at the Fashion Week SS16 in L’Espace Léon. There are many words to describe what she did that day: she presents a fresh view on style that was elegant, simple, delicate but what was the most important, the whole collection was highly consistent and left no space for fortuity.

The designer’s clothes are all made by hand but even despite that, Laura left no room for potential mistakes. It seems as if every detail of each and every dress was carefully considered. That definitely intensifies the feeling of perfection while watching the collection as a whole.

With her new collection Laura Laval definitely did give the feeling of a love profusion. A love to fashion that still follows its main mission which is to give a real aesthetic experience of clothes. With the present fashion industry heading towards a creation of a bizarre performance that is to shock us rather to simply give art, it was a pleasure to find out that still there are young designers trying to put an effort of creating style in its full sense, just from scratch.

© Douglas McWall                     © Douglas McWall

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http://www.lauralaval.com/2693888-collection-lll-love-profusion

Photo © Douglas McWall

Take Me I’m Yours

Take me, i’m yours, quand consommer c’est créer

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Dimanche matin : on gravit les marches de l’escalier monumental, deux tickets s’il vous plaît, puis une petite porte nous mène dans un univers singulier et pourtant, on s’y sent chez soi.

Take me (I’m yours), l’exposition qui se tient jusqu’au 8 novembre 2015 à la Monnaie de Paris n’est pas une expo comme les autres. Son slogan tout d’abord, intrigue : « L’expo où tout doit disparaître ». Ce mot d’ordre, vous y obéissez sans sourciller. Au début, lorsque les employés de la Monnaie de Paris vous tendent des sacs, vous proposent de toucher à tout, d’emporter ce qui vous plaît, vous vous trouvez perdu. Vous n’avez pas le droit, vous n’êtes pas légitime.

On ne s’approprie pas l’art comme ça, on ne vole ni n’emprunte lorsque l’on visite. Pourtant, ici, on vous offre l’expérience qui vous propulse de l’autre côté du miroir. Vous devenez acteur. Des vêtements, çà et là, vous tendent la main : vous vous empressez de fourrer cette chemise rayée dans votre sac en kraft, et puis cette affiche encore, elle décorera votre 9m2… Ce badge, vous le porterez sur votre sac à dos… Laisser une empreinte, même minime, contribuer à ce qu’on appelle aujourd’hui l’art, et en ramener une partie, comme un souvenir qui restera dans un coin de notre chambre, rassurant.

Et c’est tout simplement ainsi que l’art prend forme ; transmission active d’objets qui, à première vue, nous paraissent banals, mais qui trouvent un sens avec leur nouveau propriétaire. En parcourant les salles une à une, on se sent happé par le sentiment d’un enfant découvrant de nouveaux jouets. De temps à autre, un air de Noël ronronnant dans les pièces nous ramène en arrière.

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A gauche, « Pill Clock » de Carsten Höller, à droite, « Dispersion » de Chrisitian Boltanski.
© Marc Domage pour Télérama.

Cette exposition, si elle n’est pas très impressionnante dans les œuvres proposées, et peut provoquer plus d’une critique de l’art contemporain, nous fait réfléchir. Quelle est la frontière entre société et création ? Les deux sont intimement liés. On ne peut s’empêcher de penser aux soupes Campbell de Warhol : consommer, c’est notre art de vivre.

A la monnaie de Paris, vous faites votre marché, mais surtout, vous appréciez que l’on appelle cela de la culture. Ludique, cette expo nous pousse dans nos retranchements, cherchant à nous montrer que tout le monde peut faire de l’ « art ».

Dans un monde où l’on se sent écrasé (sous ces 6 tonnes de journaux par exemple) par tout ce qui nous entoure, un monde où l’on étouffe à force de contempler, Take me I’m yours nous propose de revenir à notre instinct de survie et à révéler notre animalité. Ainsi, l’art ne réside plus dans le raffinement, dans la beauté, mais dans l’expression de notre personnalité duale. Enfant gâté ou consommateur dépassé ? Sujet ou acteur ? A vous de choisir.

TORONTO

Stylish Hipster Guide to Toronto, Canada

If you want to be a basic tourist, feel free to go up the CN Tower, take a sightseeing bus, and visit some museums. Those can be fun. Sort of. But if you’re like us you’ll want to explore some more fashionable addresses. Toronto, which is often called the most multicultural city in the world, is home to over 30 types of cuisine. We narrowed it down to 5 must-eat restaurants. If you’re a coffee addict, or just like to sip matcha lattes, you’ll also need to check out Toronto’s cafes. There’s even a place to sip coffee while getting your hair done (no joke). Lastly, since we are after all a fashion association, we’ll list of few addresses where you’re sure to find the latest trends or perhaps set some of your own. Happy touristing!

[FR] Si vous voulez ces infos en francais, merci de laissez un commentaire. x

Restaurants

School – Never thought you’d say the words « I love school »? Well that’s what you’ll be telling all your friends after you eat at this industrial space turned restaurant. With the growing trend of people-who-instagram-their-brunches, competition for best brunch in town is tough. This restaurant makes it easy. Our favorite is the buttermilk pancakes with blueberry sauce and Canadian maple syrup. They also serve poutine which is a must-try if it’s your first time in Canada. Aside from the food, the staff always have a warm smile on their face (and maybe a beard and man bun).

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Momofuku– The Momofuku franchise began in NYC, and we’re so glad it came to Toronto. This fusion restaurant is good for any occasion. If you’re with your family eat at Noodle Bar (first floor), if you’re on a date eat at the fancier Daisho upstairs, and if you just want a sweet treat grab some « crack pie » at Milk Bar. This three story restaurant happens to be next to the Shangri-La, so if you’re lucky enough to stay there then getting good food doesn’t even require leaving the building (good if its Canadian winter).

Pho Hung– This Vietnamese restaurant has been dishing out warm goodness since the 1980s. Its location on Spadina Avenue (Chinatown) is ideal for college students and tourists alike. While it’s not as stylish as Momofuku, the food never disappoints. It’s consistently named best pho in Toronto by blogs and magazines. It is also affordable ($8 for pho) which makes it ideal for anyone travelling on a budget.

Lalibela– If you’ve never tried Ethiopian food, Lalibela is the place to start. The dimly lit restaurant plays Ethiopian music in the background and- oh did you know The Weeknd is from Toronto? Anyways, Lalibela is an authentic Ethiopian restaurant which serves the essentials like injera, kitfo, and atkilt wot. We recommend going with a bunch of friends-make it close friends- since you’ll be eating huge portions with your hands. Better not wear your Celine here. When you’re done, try the Ethiopian coffee. It’s much stronger than coffee in Paris but the popcorn they serve it with balances out the bitterness.

El Catrin– This Mexican restaurant is located in the Distillery District which is beautiful both in summer and winter. When the weather’s nice, order their fish tacos and sip margaritas on the patio. In the winter, well still order the fish tacos (they’re amazing) and warm up in the huge indoor bar/restaurant. This is a great place to eat seafood since it’s near the water. Ask the waiter what the catch of the day is, that way you’ll get the freshest Canadian-bred seafood.

Cafes

Her Majesty’s Pleasure– This is the most unique cafe, no spa, no boutique, no… ugh. This place is hard to describe. At Her Majesty’s Pleasure you’re able to drink a coffee, get a manicure, get your hair done, and buy beauty products. All in one place. The space is also very sophisticated and well thought out. You could imagine a team of fashionable instagrammers going over every detail before opening this concept space back in 2014. Unless you can claim to have a place as unique as Her Majesty’s Pleasure in your hometown, add this to your list of spots to see.

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 www.hermajestyspleasure.ca

Dark Horse Espresso Bar– If you’re not into the pristine, glamorous vibes at Her Majesty’s Pleasure, go to one of Dark Horse’s three locations around Toronto. They serve great coffee and the baristas are always happy to make you the perfect drink, whether its an espresso or soy latte. The Spadina location is quite big, so it’s home to both people working on their Macs and people who are catching up over coffee. This makes it an ideal place to, well, do anything.

Shopping

Queen Street– Window shopping is the best way to go in Toronto. Queen Street is home to dozens of boutiques and thrift stores, from Ossington all the way to Yonge. Oak & Fort has clean cuts and new trends, while Black Market Vintage clothing is a gold mine of used goods. For men’s clothing, check out Frank & Oak, which also happens to serve coffee and have a barber shop (it’s essentially the male version of Her Majesty’s Pleasure).

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instagram.com/oakandfort

Holt Renfrew– One thing you’ll have to keep in mind is that Toronto winter is COLD. So if you find yourself wanting to shop in -20 weather its best to go shop indoors at Holt Renfrew. This is the Toronto equivalent of Le Bon Marche or Bloomingdales. Not the cheapest, but its a big building with both designer brands and sale racks where you can find discount Rag & Bone jeans for $40. You’ll also find makeup on the first floor with friendly make-up artists who will sell you great products. Or you can just take samples. There are two kinds of people 😉

The places mentioned in this post are by no means a full depiction of Toronto. If you’re curious for more information leave a comment below!

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Collaboration Balmain X H&M

BALMAIN

As per our previous article on the fabulous brand’s participation in Paris Fashion Week, another buzz-inducing news in the fashion world is the Balmain x H&M collaboration. The collection is expected to hit stores and digital shelves on 5 November, with Gigi Hadid, Jourdan Dunn, and Kendall Jenner leading the campaigns.

Olivier Rousteing, the 29-year-old creative director of Balmain, will enchant you into queuing up for hours for his clothes, because they are that amazing. To add to that, the young fashion genius has a truly genuine passion for the art itself, seeing that he grew up in an orphanage, where clothes became his identifier, where “you create a world, your own world”.

Some of you may be familiar with the term ‘Balmain Army’, which indicates the French brands loyal group of beautiful friends who often wear the brand’s clothing to big events, such as Kendall Jenner, Rosie Huntington-Whiteley, Rihanna, Naomi Campbell, and Taylor Swift. However, with this partnership, Balmain is turning its Army into a Nation, as their pieces become more accessible to the general public.

What we have seen of the collection so far in the campaigns:

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The Balmain x H&M campaigns

The three models have actually been wearing pieces from the collection to high-profile events. The one completely new look in the campaign would be Kendall’s sleeveless tuxedo-style jacket paired with a jumpsuit in the first photo.

Another thing we noticed: HUGE accessories. Monster-sized rings, gigantic earrings, extravagant necklaces…

The Balmain x H&M collection is extremely similar to the Balmain mainline, especially when you look at the beaded jackets and dresses. The difference with the Balmain mainline is that the collection is made in China. We are a bit disappointed, that Olivier Rousteing choose the amount despite the quality of the Balmain made in France. One thing to note though is that the collection is not purse-friendly at all. Gigi Hadid’s limited edition dress alone (which she wore to a New York Fashion Week party) already costs more than 400 euros.

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Athena Tong

SÃO PAULO

Cultural Guide to São Paulo, Brazil
Planning a trip to Brazil and considering spending a couple of days in São Paulo? Here is our little guide with some non-exhausting tips on how to enjoy the best of the city. With a very cosmopolitan environment, São Paulo offers options for food and entertainment that suit all tastes and wallets. As it is not exactly easy for first-time visitors to walk around one of the ten largest cities in the world and find the best addresses, we prepared a small list with insider’s tips on art places and restaurants. 
ART IN SAO PAOLO
Any visit to São Paulo must include its biggest symbol: Avenida Paulista. The avenue features shops, restaurants and the most important museum in Latin America: MASP (Sao Paulo Museum of Art). At MASP you can find an important selection of Brazilian and European Art, including works of Renoir, Gauguin, Botticelli, Matisse, Monet, Degas, Picasso, Velázquez, Rembrandt, Van Gogh, among others. The building of the museum itself, projected by Lina Bo Bardi, is considered a symbol of modernism in Brazil, as a huge structure of concrete and glass is supported only in its top and sideways by two lateral beams, leaving 74 meters of freestanding space.
 

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MASP
– Picture Credits: Mário Rodrigues/VEJA

We also suggest that you check the calendar of the Brazilian Museum of Art – FAAP. The place always holds nice expositions, such as the one on “OsGemeos”, world-famous Brazilian street artists, and, more recently, an interactive exhibition on Hermès. Other great museums to visit are “Museu do Ipiranga”, “Pinacoteca do Estado de São Paulo” and “Museu da América Latina”.

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Brazilian Museum of Art – FAAP – “OsGemeos”
– Picture Credits: Lost Art

For architecture fans, the city has some important Niemeyer’s works, including a “must go” spot: the “Ibirapuera Park”. While Niemeyer was responsible for the buildings, Burle Marx developed the landscaping. Both architects collaborated with Le Corbusier in several other projects. Visit the “Oca” and the “Auditório do Ibirapuera”. It is also the perfect place for some jogging or a bike ride!

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“Oca”
– Picture Credits: Foto: Lilian Miliauskas-SP

If you are an urban art fan, you will find a lot of pleasure walking around “Vila Madalena”, a trendy neighborhood with a vibrant community of artists and bohemians. Nice places to see are “Beco do Aprendiz”, “Beco do Batman” and the panel of Studio Kobra on the sidewall of “Igreja do Calvário”.

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“Beco do Aprendiz”
– Picture Credits: Eduardo Vessoni

 

FOOD TIPS

São Paulo is a city of immigrants and you can find good options of almost every type of cuisine. The city has the largest Italian community living outside Italy, as well as the biggest Japanese community outside Japan. And that says a lot about what you can expect. For good Italian meals go for Famiglia Mancini, Tappo Trattoria or Tatini Restaurante. For the perfect Italian gelato, we recommend Bacio di Latte. If you are looking for trending Japanese restaurants, we suggest Nakka, Jam – Japanese Food, Arts & Music (both addresses), Mori Sushi Ohta and Osaka. Best burgers in town are Z-Deli, Butcher’s Market, Bar. and St. Louis. If you are missing France, some good options are Ici Brasserie, Le Jazz Brasserie, La Casserole and Le Vin Bistro. For those with a food allergy or those that prefer to eat healthy, nice gluten-free and lactose-free places are Lilóri and Maíz.

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JAM – Japanese Food, Arts & Music
 – Picture Credits: Tadeu Brunelli

But if you really want to try typical Brazilian food, we have some special advice:

  • For the very typical dish “feijoada” (a stew of beans with pork and other meats), go to Restaurante do Bolinha or Bar do Juarez. Brazilians love to eat feijoada with their number one drink: “caipirinha”(a traditional cocktail made with “cachaça”, fruit slices – usually lemon -, sugar and ice). For smoother options, ask for vodka or sake instead of “cachaça”. Almost every bar/club and restaurant in São Paulo serves “caipirinhas”.

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Restaurante do Bolinha –
Picture Credits: Paulo Pampolin/Hype/Folhapress

  • For the famous “rodízios” (a typical “all you can eat” type of restaurant where the price of the meal include everything but drinks and dessert) in “churrascarias” (the Brazilian version of barbecue with lots and lots of food), we suggest Fogo de Chão or Rodeo.

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“Fogo de Chão”
– Picture Credits: Daniel Ozana/Folhapress

  • For contemporary versions of Brazilian Food, you might like Maní (one star Michelin), Tordesilhas and O.M (two stars Michelin).
  • You can also find in every bar in town, as well as some outdoor markets and bakeries, cheap Brazilian food such as “Pastel”, “Coxinha”,“Bolinha de Queijo” and “Pão de Queijo”. Please try some!

 

We hope you enjoyed our little guide! If you have other tips, leave them on the comments bellow!

Que sont-ils devenus ? #1 Cheyma

Cheyma A. Ben Hassine est une ancienne de Sciences Po qui a lancé sa marque de prêt à porter. Elle a accepté pour nous de répondre à nos questions et ainsi inaugurer la rubrique « Que sont-ils devenus ? ». Retour sur un parcours des plus vertigineux, de Paris aux Etats Unis jusqu’à la Fashion Week d’Alger.

Cheyma

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? Comment en es-tu arrivée à créer Cheyma ?

J’ai eu mon bac ES en 2007, et ai intégré Sciences Po immédiatement après. Mon but ultime c’était Sciences Po. Donc une fois la bas, j’étais très heureuse et je n’avais pas de projet particulier si ce n’est apprécier chaque seconde de ma vie d’étudiante dans cette école.

En deuxième année cependant, j’ai été sélectionnée par le programme GWU a Paris pour étudier pendant un semestre avec les étudiants américains de l’université et leurs professeurs, un programme de business studies d’un semestre. Ce programme m’ayant tant bouleversée, scolairement (je découvrais la pédagogie américaine pour la première fois, ainsi que le marketing!) et personnellement (j’ai immédiatement été séduite par la culture, les mentalités ouvertes, tout!), qu’au second semestre, étant obligée de retrouver mes cours « normaux », j’ai postulé pour devenir l’assistante de la directrice française de ce programme à Paris. Cela m’a permis de rester en contact avec les étudiants et GWU. Nous avons eu l’occasion de participer à de nombreuses initiatives intéressantes, dont rencontrer Barack Obama par exemple, et être au défilé Elie Saab en backstage.

Pour ma 3A il me semblait donc évident que je devais aller aux USA. Et c’est ce que j’ai fait. Je suis allée à Brynw Mawr College, ou j’ai étudié le dessin (je dessine depuis toute petite mais là j’ai acquis des techniques), la peinture, et la religion. J’ai également été à UPenn ou j’ai continué mes études de business en marketing et finances. De retour à Sciences Po, j’ai choisi la filière mode et luxe du Master Marketing et Études, qui me permettait d’allier ma passion pour la mode ainsi que ma vocation marketing.

J’ai donc rejoint l’Ivresse en M1. Ce master m’a ouvert les portes de nombreuses maisons de mode prestigieuses lors de ma césure, Lacoste (ou j’ai fait un stage en E-commerce et qui m’influence toujours beaucoup aujourd’hui pour le côté sportswear très marqué de mes créations). Puis la consécration, Dior, ou j’ai été assistante chef de produit au prêt-à-porter femme.

C’est à ce moment que j’ai compris que la mode n’était pas qu’une simple passion, lors de mon premier défilé chez Dior, j’avais des étoiles plein les yeux, j’étais émerveillée. Je ne dis pas que ça a été facile, c’était beaucoup de travail, mais la mode a ce côté très terre à terre qui fait qu’on voit tout de suite le résultat concret de ses efforts. En M2 j’ai souhaité continuer à travailler, ce que j’ai pu faire par le biais d’un apprentissage, chez Chloé, en tant qu’assistante chef de produit à la maroquinerie.

Et après avoir été diplômée, le rêve s’est mis en suspens. Les diplômes Sciences Po et l’expérience, les Saint Laurent Paris, les Bottega Veneta et autres Hermès sur mon CV ne m’ont pas permis de trouver de premier emploi du tout, c’était la crise. Sur ce point, Sciences Po ne m’a été d’aucune utilité. C’est à l’étranger que mon CV a fait mouche et qu’on m’a proposé un poste de directrice marketing dans une entreprise américaine de cosmétiques et compléments alimentaires, à Alger. C’était une expérience enrichissante. Mais je n’étais pas heureuse. Il y a avait cette petite graine qui avait germé en moi depuis Dior et qui me disait mais pourquoi tu ne fais pas ce que tu veux? J’ai donc tout arrêté et décidé de créer Cheyma.

Chimay

Comment définirais-tu ta marque ? Tu as une vision de la femme que tu aimerais véhiculer ?

Cheyma est une petite marque de prêt-à-porter pour femme qui répond à une question que nous sommes toutes amenées à nous poser, est-ce que je veux avoir l’air classe aujourd’hui ou est-ce que je veux me sentir à l’aise dans mes vêtements. Cheyma offre aux femmes les deux, en alliant confort et sophistication dans toutes nos créations, et ce, grâce à l’originalité. Cheyma, c’est la mode avec un grain de folie. Nos clientes connaissent bien les tendances mais n’ont pas peur de les détourner Voire de les délaisser. Nous nous adressons aux femmes brillantes et audacieuses.

Comment vois-tu ton rôle de créatrice ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

La vision que j’ai de moi en tant que créatrice c’est de communiquer une idée à travers un vêtement. La mode est un domaine tellement libre où l’on peut tout dire, je ne me pose pas de limite, je fais vraiment ce qui me plait, ce que j’aime. La créativité fait partie intégrante de ma vie et tout m’inspire. Pour ma collection qui sort aujourd’hui par exemple, j’ai puisé mon inspiration dans l’evening wear que j’ai ensuite détourné pour en faire des vêtements de tous les jours. J’aime beaucoup utiliser un élément autrement que ce pourquoi il a été initialement fait. Les sequins? On les porte en journée chez Cheyma. Et les joggings? En tenue de soirée. Pour ma prochaine collection, je suis en train de travailler sur quelque chose d’assez différent, toujours sportswear, mais plus … aride

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